Santé, population, territoires, imaginer l’avenir de la médecine sociale

Dans le cadre du projet Epidaure Santé Territoires, conduit pas l’IJFR en partenariat avec la Banque des Territoires, Nadège Vézinat et Nicolas Duvoux viennent de réaliser une revue de la littérature scientifique portant sur la médecine sociale, les centres de santé et les maisons de santé. Le rapport fournit des pistes de réflexions stratégiques pour imaginer les organisations innovantes garantissant l’accès aux soins et à la prévention dans les territoires.

Le séminaire de recherche en soins primaires “Les territoires de la santé” vous donne rendez-vous le 12 Octobre 2021

C’est le 1er décembre 2020 que s’est ouvert le Séminaire de recherche “Les territoires de la santé”. Ce séminaire propose de croiser, dans une approche pluridisciplinaire, des études universitaires portant sur les centres de santé, maisons de santé et organisations de soins, et de les confronter aux approches des professionnels de ces structures. Attention, aucun compte-rendu ou diaporama ne sera diffusé. C’est en quelque sorte une invitation à prendre part à “la science en train de se faire”. Pour connaître la suite, il faudra attendre les publications des chercheurs invités.

Le séminaire comporte 6 séances thématisées d’une durée de 2 heures, entre décembre 2020 et décembre 2021. Il se déroule en distanciel. L’organisation a été confiée à Nadège Vézinat et Nicolas Duvoux.

Prochaine séance Mardi 12 octobre 2021 – Rémunérations et enjeux pour le modèle économique

  • Nicolas Da Silva (économiste, Université Paris 13)
  • Laure Pitti (sociologue, Université Paris 8)

Vous recevrez la veille de la séance le lien zoom par mail.

La 4 ème séance du séminaire s’est déroulée le mardi 8 juin

Quelque 70 participants ont pu dialoguer avec Samia BENALLAH (économiste, Université de Reims Champagne Ardenne) “Que sait-on des conditions de travail des médecins selon leur statut d’emploi ? Bilan des études empiriques” et Lucas JOUBERT (sociologue, EHESS et Paris Nanterre) “Ce que fait le salariat au travail médical ambulatoire”

Séance n° 3 : mieux lier sanitaire et social

La troisième séance du séminaire « Les territoires de la santé » organisé dans le cadre du projet Epidaure-Territoires a eu lieu le mardi 13 avril 2021 de 11h à 13h en visioconférence. Elle a porté sur le thème : Mieux lier sanitaire et social. Près de 90 participants ont échangé avec Mauricio Aranda  (post-doctorant à Sciences Po) et Céline Gabarro (post-doctorante à l’Institut La Personne en médecine ) qui ont présenté leurs travaux respectifs.

–       Mauricio Aranda (politiste et sociologue, Sciences Po)

“Le traitement du ‘social’ dans les centres de santé. Divisions du travail et accès aux soins des patients précaires”

–       Céline Gabarro (sociologue, Institut La Personne en médecine)

“Quand le statut administratif limite l’accès aux droits et aux soins : obtention et usages de l’aide médicale d’État (AME) par les étrangers en situation irrégulière, les agents de l’Assurance maladie et les assistantes sociales de l’hôpital”

2ème séance mardi 12 janvier 2021 sur le thème : Logiques territoriales et santé

La seconde séance s’est tenue le 12 janvier 2021. Elle portait sur le thème : Logiques territoriales et santé. Benoît Belloni-Carini (sociologue) et Igor Martinache (politiste et sociologue) ont présenté leurs travaux respectifs. 

La première séance a eu lieu le 1er décembre 2020. Elle a rassemblé 80 participants autour du thème “La coordination en santé : fonctions et métiers”.

Chercheurs invités : Anne Buttard et Christine Peyron (économistes, Université de Dijon-Bourgogne Franche Comté) ; François-Xavier Schweyer (sociologue, Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique). On a hâte de lire leurs travaux publiés !

Enquête européenne sur les soins primaires, PRICOV 19

POUR ACCÉDER AU QUESTIONNAIRE : CLIQUER ICI

La pandémie de COVID-19 confronte les soins primaires à des défis sans précédent :  prendre en charge, informer, accompagner, dépister, vacciner… tout en assurant les soins habituels, se protégeant, protégeant les collègues et l’ensemble des patients ! Comment faisons-nous face à ces défis ?

Une enquête européenne (PRICOV 19), va essayer de répondre à cette question.

  • Quels changements organisationnels ont connu les structures de soins primaires ?
  • Quels efforts ont été entrepris pour assurer l’accès aux soins de tous les patients ?
  • La qualité des soins dans ses différentes dimensions (sécurité, équité, etc) a-t-elle pu être préservée ? Comment ?

Le travail est coordonné par le Pr Sara Willems, de Université de Gand (Belgique). A ce jour 38 pays européens  ont accepté de participer, ce qui est unique en termes de participation à une étude européenne en soins primaires.

En France l’étude est portée par SFTG Recherche, en partenariat avec l’Institut Jean-François Rey (pour les Centres de santé) et AVECSanté (pour les Maisons de santé pluriprofessionnelles).

Pour participer il faut répondre à un questionnaire, auquel vous accéderez en cliquant ICI


Répondre vous prendra environ 30 mn et permettra d’ajouter votre expérience au riche corpus de données recueillies auprès de toutes les structures européennes.

Les données recueillies respectent strictement l’anonymat des répondants. Elles sont enregistrées sur un serveur sécurisé basé à l’Université de Gand.

Point essentiel : plusieurs personnes de votre équipe pourraient recevoir cette invitation par différents canaux. Comme il faut absolument éviter les doublons, veillez à informer vos collègues de votre réponse et vérifiez qu’il n’y aura qu’une seule réponse pour votre structure.

Vous pouvez répondre en équipe, et utiliser le questionnaire comme point de départ d’une démarche d’amélioration de la qualité des soins.

Les résultats seront restitués à chaque participant (équipe ou individu). Comme l’anonymat empêchera d’identifier les répondants, veillez à garder une copie de vos réponses si vous souhaitez vous situer par rapport aux autres structures participantes.

Nous espérons vivement que vous serez nombreux à participer et que l’on pourra, ensemble, analyser et défendre la réactivité et la qualité de l’offre des soins primaires en France et en Europe !

Gladys Ibanez (SFTG Recherche)

Pascal Gendry (AVECSanté)

Alain Beaupin (Institut Jean-François Rey)

Pour les équipes de l’IJFR, 2021, année zéro des expérimentations tarifaires

Comment passer d’un modèle traditionnel, hérité de la charte de la médecine libérale de 1927 et de ses 9 conventions libérales filles, en silo, centrées sur les professions, à un modèle centré sur les patients ?

Passer à un modèle répondant aux attentes des patients. Au service de la santé publique et inscrit dans le service public. Adapté à chaque territoire et à chaque population. Prenant la question sociale à bras le corps.

Les leviers d’action ne sont pas si nombreux. Ils sont au nombre de trois.

La formation serait le premier levier

La formation initiale et continue pourrait un jour devenir un levier efficace, lorsqu’elle enseignera l’attention au patient et à ses parcours, bien au delà de l’indispensable attention à la maladie.

L’envie de bien faire, est une valeur sûre

L’envie de bien faire, ce que les économistes appellent la motivation intrinsèque des individus. Elle constitue un autre puissant levier. Encore faut-il que les professionnels exercent dans un cadre favorable à son épanouissement. C’est tout l’enjeu du management des équipes de soins, et du respect des professionnalités.

Le levier économique ? Eh bien oui !

Reste le levier économique, et ses règles du jeu tarifaire et budgétaire. Puissant levier, il est jusqu’ici plutôt connu pour ses effets négatifs. On pense au paiement à l’acte en ville et à la T2A à l’hôpital, bras armé de la bataille idéologique contre le mythe du trou de la sécu. Deux ou trois décennies de croyances libérales et de new public management, remises en cause en quelques semaines d’une pandémie ouvrant la voie à des changements. Quoi qu’il en coûte ? La page est-elle vraiment tournée ? L’avenir nous le dira.

C’est justement ce levier économique qu’ont choisi de mobiliser les équipes des centres de santé Epidaure-CDS. Remplacer le paiement à l’acte par une rémunération forfaitaire (PEPS). Mettre en place de nouveaux services aux patients, favoriser le travail en équipe et la qualité des soins y compris à l’occasion de parcours hospitaliers (IPEP). Les équipes Epidaure-CDS ont écarté tout intéressement financier individuel et choisi la mutualisation des ressources. Mutualisation au sein de chaque CDS pour PEPS. Mutualisation au niveau d’Epidaure pour IPEP. Choix assumé de bannir toute forme de prime. Choix de favoriser les dynamiques de projet et les dynamiques d’équipes. La qualité ne justifie pas de supplément de rémunération, elle est simplement un dû. Pour tous les patients.

Les limites des expérimentations article 51

Les expérimentations nationales PEPS et IPEP constituent un premier pas dans la bonne direction, malgré leurs évidentes limites. Comment comprendre que le forfait soit limité aux seuls actes de MG et IDE ? Et les soins dentaires ? Et les spécialistes ? Et l’imagerie médicale ? Et pourquoi, en y réfléchissant bien, ne pas inclure les médicaments ? Les équipes Epidaure-CDS le proposent, l’idée est sur la table. Autre faiblesse de ces expérimentations articles 51, une impression de flou. Se mettre en chemin et expérimenter, c’est bien. Définir la cible et identifier les étapes à franchir pour l’atteindre, ce serait mieux. Où est le débat de fond ? Dans cette perspective, on prendra connaissance avec intérêt de points de vue comme ceux de Laurent Chambaud ou Brigitte Dormont.

L’IJFR partenaire de la recherche en soins primaires

L’IJFR a noué plusieurs partenariats de recherche en 2020.

MATCH : Comment la demande de Soins Non Programmés rencontre-t-elle l’offre de soins ?

Le projet de recherche MATCH a été retenu par le GIRCI Ile-de-France dans le cadre de son appel à projet 2020 dédié aux soins primaires. Le projet est piloté par le Département de médecine générale (DMG) de l’Université Paris 13. Il a pour thème les demandes de soins non programmées. Les attentes des patients lorsqu’il est face à un problème de santé imprévu, telles qu’elles sont exprimées, seront confrontées à la représentation des professionnels de ces mêmes attentes. La recherche se déroule sur 18 mois. Les résultats seront mis à la disposition des professionnels de soins primaires et des CPTS pour améliorer les réponses proposées au public. L’IJFR est en charge des fonctions support du projet de recherche.

Les territoires de la santé

L’IJFR a confié à Nadège VEZINAT, maîtresse de conférence à l’Université de Reims Champagne-Ardenne la direction scientifique du volet sociologique du projet Epidaure-Territoires. Ce partenariat a donné lieu à la signature de plusieurs conventions : Université de Reims Champagne Ardenne, laboratoire Regards, Université Paris 8, laboratoire Cresppa. Il se concrétisera notamment en 2021 par la tenue d’un séminaire de recherche confrontant chercheurs et praticiens de terrains.

En France aussi, la recherche en soins primaires ? Au service du collectif ou d’intérêts particuliers ?

La recherche pour améliorer la médecine de tous les jours et son organisation, celle qu’on appelle la recherche en soins primaires dans le langage des initiés, est la grande oubliée des politiques publiques dans notre pays. Et quand elle a – un peu – la possibilité de se déployer, c’est souvent dans une position de recherche accessoire, dépendante du bon vouloir de sa grande sœur hospitalière.

Saluons donc comme il se doit le projet ACCORD, placé sous l’égide de plusieurs acteurs dont les généralistes universitaires du CNGE, les sage-femmes, les organisations représentatives des maisons et centres de santé et bien d’autres. De quoi s’agit-il avec le projet ACCORD issu d’un appel à projet de l’IRESP ? Tout simplement de constituer une base de donnée publique, une sorte d’annuaire de tous les professionnels qui se reconnaissent dans les soins primaires et qui ont en commun l’envie de contribuer à la connaissance dans ce domaine. Un réseau d’investigateurs pour le dire comme ses promoteurs. Le réseau ACCORD sera en pratique ouvert à tous les professionnels qui se reconnaissent dans les soins primaires, aux professions médicales et aussi aux autres professions de santé ; ainsi qu’aux autres professionnels du secteur : les géographes, les sociologues, les économistes, et bien d’autres.

L’expression des besoins a commencé, un cahier des charges devrait en découler. Mise en production envisagée à l’issue d’une année de préparation et de tests. Nous n’en sommes qu’au tout début. L’hypothèse est posée d’une gouvernance équilibrée intégrant tous les acteurs, pas seulement les universitaires et les chercheurs, mais aussi les acteurs de terrain et les structures d’exercice en équipe, les maisons et centres de santé. Les intérêts particuliers, dans leur grande diversité, sont-ils prêts à participer à l’émergence d’un projet partagé et collaboratif ? Alternatif à l’hospitalocentrisme ? C’est l’une des questions désormais posée.